Trouver un nom de marque: le début d’une nouvelle ère

26 juin

Quand nous nous sommes lancés dans la frozen adventure et que nous décrivions le projet à nos familles et amis, certains étaient convaincus,  d’autres plus sceptiques, qui nous prenaient pour des fadas (« comment ça vous allez vendre des glaces à la sortie d’hec, c’est débile »). Mais une question revenait sur toutes les lèvres : « quel est le nom de votre marque ? ». Dans le dernier article de bientôt feu ce blog, nous allons enfin répondre à cette question, légitime certes, mais terriblement irritante pour nos oreilles sensibles, tant nous avons eu du mal à trouver ce fucking nom de marque. 

On ne va pas vous faire un cours de market mais en gros choisir un mauvais nom, ou un nom « qui passe », peu claire, c’est le meilleur moyen de se planter. Il y a un enjeu majeur derrière le choix d’un nom. Nous avons donc pris le temps de la réflexion, ce qui explique sans doute que vous, cher lecteur, ne sachiez toujours pas de quoi il s’agit.

Avant de choisir son nom il faut d’abord bien identifier son concept, son positionnement, son produit star. Il faut avoir également une idée de la manière dont on va communiquer dessus.

Une fois ce travail préliminaire effectué, nous nous sommes lancés dans la grande foire à l’improvisation. Nous avons d’abord pensé à des noms anglais. Voici un petit best of de nos plus gros flops : Pimp my yog, Maniac Mix, Yoggy Gaga, Drive me yoggy, yogstar, top me I’m famous, Hodarice, freeze-fat (merci Alix). Nous avons vite compris que malgré toute notre bonne volonté, nous n’y arriverions pas seul. Nous avons donc lancé des petits ateliers brainstorming, communément appelés focus group, et avons mis nos amis à contribution. Nous recherchions quelque chose d’assez décalé, qui contraste un peu avec les noms assez plats de la concurrence, qui dise notre produit star (le frozen yogurt) sans être trop fashion. Nous avons alors étudié plusieurs noms français en se disant que c’était un bon élément de différenciation : drôle de yaourt (merci Justin), les laitiers (merci Alice), les givrés du yaourt (merci Emilie). Tous ces noms français nous plaisaient bien mais aucun ne faisaient l’unanimité. Bref, on est ressorti avec un top 3 : Oh my Yog (notre préféré pendant longtemps grâce à l’excellent jeu de mot associé, trouvé par Hodara Junior, mais difficile à prononcer), Drôle de yaourt (parce que cela décrivait bien le produit et le ton tout à fait cocace que nous souhaitions adopter) ou Fresh Kiss (la encore nous vous laissons apprécier la finesse du jeu de mot).

« Connais-toi toi-même » nous répétait le grand Socrate. Avec Ouriel, la seule chose dont nous sommes bien conscients depuis le début de cette aventure, c’est que nous sommes des tâches pour tout ce qui touche au graphisme, à la création, au style, à l’image de Cristophe Maé qui confesse lui-aussi ne pas avoir de style au début de sa fameuse chanson On s’attache. On a donc décidé de faire appel à des amies, Alice, Marie et Marine qui se sont proposées de nous aider dans la mise en place de notre communication et se sont embarquées dans la frozen adventure, avec pour priorité la recherche du ultimate brand name.

Plusieurs semaines, plusieurs mois se sont écoulés. Nous avons recommencé à travailler sur la base, c’est-à-dire la définition du concept : l’opposition entre nous, les David du frozen yogurt face aux Goliath américains et français déjà installés et l’idée de revisiter l’un des plus grands classiques de l’alimentaire : le yaourt. Nous avons galéré, mais une idée, un nom, un concept sont nés (merci les filles).

Je vous laisse découvrir la chose en musique :

 Cliquez ici (à ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

C’est ainsi que se termine la frozen adventure qui laisse sa place à une nouvelle ère, pleine de promesses mais aussi d’incertitudes : celle de la Yogurt Factory, la petite usine à revisiter les grands classiques !

Pour poursuivre l’aventure avec nous, rendez-vous sur www.yogurtfactory.fr

Le Top 5 de la Win

22 juin

« La vie c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Comme Forrest, nous avons eu notre lot de chocolats à la liqueur (cf article précédent), mais comme lui nous avons aussi vécu des moments de grâce et de félicité qui nous font croire que malgré certaines déconvenues, nous sommes comparables au trio magique Messi-Eto’o-Ronaldinho du Barca de 2006. Ainsi nous vous laissons découvrir le top 5 de nos moments de grâce, de félicité, de joie, de bonheur, de kif.

Moment de grâce n°1 : Les banques se battent pour faire partie de la Frozen Adventure

Convaincre n’est pas chose facile, nous avons pu en faire l’expérience avec la BNP qui nous a refusé notre prêt en raison de notre « manque d’expérience ». Pourtant, nous avons su convaincre toutes les autres banques à qui nous avons eu à faire (orthographe à déterminer). Comptant sur le charme enjôleur de Frozen Teddy alias Manu Tedesco, de la verve de Miss Gervurt alias Anne-Sophie Gervais et l’obstination de Mr Hodarice alias Ouriel Hodara, les banques ont finalement décidé de nous donner les clés de leur coffre-fort avec beaucoup d’amabilité. Notre dossier à la Banque Populaire  pour le prêt finançant le local de Marseille a d’ailleurs été validé en 2 semaines seulement. Nous avons même eu le privilège de faire jouer la concurrence afin que les taux d’intérêt baissent et la banquière du LCL a proposé ses services au grand Manu pour que penchions en sa faveur.

Moment de félicité n°2 : La signature de Marseille ou la rencontre avec Bruno Tarlier

PDG de Frutti Bar, Vice-président de la Chambre de Commerce de Lyon, Président de Lyon Parc-Auto, Président de l’association des commerçants du centre commercial de Lyon Part-Dieu, Chevallier de l’Ordre National du Mérite, Bruno Tarlier n’est pas seulement le business man chevronné que vous ne connaissez peut être pas, c’est surtout un homme sincère, toujours prêt à aider et un véritable pilier de sa communauté (les commerçants). C’est aussi l’homme de cœur qui nous a vendu le droit au bail du 30 rue de la République à Marseille et qui nous a livré ses conseils les plus avisés. « Vous me faîtes penser à moi quand j’ai commencé » nous a-t-il dit en donnant une petite claque amicale à Mr Hodarice, alias Ouriel Hodara. C’est pourquoi nous souhaitons lui rendre hommage. D’ailleurs la signature du contrat de cession de droit au bail de 150 pages en 5 exemplaires qui a duré 2h30 (750 pages à parapher par les deux parties !!), fut un grand plaisir grâce à lui. Merci Bruno pour ta sollicitude.

Moment de joie°3 : Le recrutement d’Anne So

Au tout début de l’aventure, Ouriel et Manu font un constat simple : leur compréhension du style est quasi inexistante, il leur faut donc une fille stylée. Ouriel pense alors à Anne-So « Tu vas voir Manu elle est super cool et super stylée, elle fait de l’audit mais elle est super cool et super stylée». Manu accepte donc de rencontrer Anne-So.

-          Bonjour, peux-tu te présenter ?

-          Alors moi je m’appelle Anne-Sophie Gervais, mais tout le monde m’appelle Anne-So. J’ai 23 ans et j’adooooore le Frozen Yogurt ! J’ai vu ça à Mexico et je n’arrêtais pas d’en manger. En plus comme je fais de l’audit, je suis super forte en compta.

-          Bon point la compta ! On a eu E en école donc ton aide sera précieuse. Mais en quoi es-tu stylée ?

-          J’ai plein d’amis et je vous trouve trop beaux.

-          Banco !!!

C’est ainsi que Miss Gervurt, alias Anne-Sophie Gervais, a rejoint la Frozen Adventure

Moment de bonheur n°4 : L’élaboration de la recette de Frozen Yogurt

Derrière toute magnifique recette il y a un grand chef (Frozen Teddy), derrière tout grand chef il y a un petit chef (Mr.Hodarice), derrière tout petit chef il y a une meuf stylée (Miss Gervurt). C’est à peu près la conclusion que nous avons pu tirée de l’élaboration de notre recette de Frozen Yogurt. Ca s’est passé à Trappes un mercredi. Toute la semaine avant notre rendez-vous, nous avons cherché l’inspiration tel Thierry Marx devant ses tubes à essais et ses éprouvettes ou Ratatouille dans les égouts parisiens. Manu est allé dans le sud respirer l’odeur de la mer, des épices et des fruits gorgés de soleil, Ouriel est allé à la ferme voir les vaches et leur nectar mamellaire et Anne-So a fait du shopping pour flairer les nouvelles tendances. Nous sommes donc arrivés pleins d’idées pour élaborer cette recette magique, clé de notre futur succès. Bien entendu, nous ne la révèlerons pas, mais nous comptons sur vous pour venir la goûter prochainement dans nos magasins.

Moment de kif n°5 : La vie à Marseille

30°, un ciel bleu sans nuage et les douces caresses du Mistral, la vie est agréable dans le Sud de la France. On pourrait presque se croire en vacances (même si nous ne connaissons pas ce mot). Au-delà de la ville, nous nous sommes laissés séduire par ses habitants, avec en premier lieu notre  nouvelle colocataire, Charlotte qui nous a accueilli en grande pompe dans notre nouvel appart, situé dans la cité de la Cravache (« Je suis arrivé à la cité mon père m’a dit lelela »). Notre appart’ spacieux et ensoleillé nous permet d’ailleurs de travailler en toute tranquillité. Les travaux de notre magasin, situé à quelques encablures du vieux port, en face du premier Starbucks Coffee du sud de la France avancent. Nous vouslaissons juger de l’évolution. Nous devrions être prêt à ouvrir le 1er Juillet (notez dans vos agendas) pour une grande soirée de gala. Paraît-il qu’il y aura même Mel Gibson (l’Arme Fatale 1, l’arme Fatale 2, l’arme fatale 3, l’arme fatale 4).

 

Le Top 4 de la lose

14 juin

« La vie c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Si l’article qui suit n’est pas toujours à la gloire de nos 3 entrepreneurs, c’est qu’il illustre parfaitement ce constat de notre modèle, Forest Gump, entrepreneur chevronné et PDG de la Booba Gump corporation.

Nous avons commencé à parler de ce projet en novembre, il y a déjà 7 mois, et il est maintenant temps de faire une petite rétrospective du chemin parcouru. Laissez-moi vous présenter le top 4 de ce que l’on pourra appeler les mauvais chocolats sur lesquels nous sommes tombés (vous savez ceux avec de la liqueur dedans) : nos quatre plus grosses galères , mésaventures, bads, désil’, échec, flops…

Galère n°1 : de la prévoyance avant toute chose

28 Janvier 2011, c’est l’hiver et même à Rimini, il fait froid. Nous ressortons de la grande messe annuelle qui secoue cette belle ville endormie : le salon de la glace artisanale. Nous y avons serré des pinces toute la journée, parlé dans toutes les langues, décoché des sourires pour tous les photographes présent pour l’événement. Las, nous partons déguster une une pasta locale avant de rentrer à l’hôtel, réservé à l’avance par un Ouriel prévoyant, pour reprendre des forces avant le deuxième jour du salon. Nous arrivons devant : « toc toc ». Pas de réponse. « Toc Toc » (l’usage de la majuscule cherche à montrer le caractère crescendo du toquage). Toujours pas. Après quelques tentatives pour forcer la porte, nous appelons à l’aide. Un voisin réveillé par le bruit nous apprend que l’hôtel est fermé depuis 6 mois. Merci Ouriel. Ce qui est cool c’est qu’il y a plein d’hôtels et peu de monde à Rimini en ce moment, on va facilement trouver un endroit où dormir. Smiley.

Mésaventure n°2 : la journée de la lose ou la virée au greffe

Nous avons rendez-vous à 14h devant le tribunal de commerce de Paris pour faire enregistrer notre entreprise. Ouriel, toujours ponctuel, arrive avec 5 minutes -3/4 d’heure- de retard. Nous finissons par nous retrouver et allons nous placer dans la file d’attente. Quand vient notre tour une demi-heure plus tard, Ouriel, souriant, me demande : « T’as les documents ? ». S’en suit un silence gêné de ma part et un départ précipité.

Quelques minutes plus tard (oui je cours le semi-marathon en 1h24), c’est un Ouriel médusé et impressionné par ma célérité qui me voit revenir, documents en main : «Ah sacré Manu, beau temps mon vieux, tu es tellement français. Au fait t’as pensé au chéquier ?»

Nouvel aller-retour. Avec l’expérience, je connais maintenant les sentiers à ne pas suivre et je parviens à améliorer mon temps. Nous arrivons finalement à voir la dame du greffe, qui nous explique qu’il nous manque un document. Nouvel aller-retour et encore quelques secondes de gagnées. Ca y est l’entreprise est créée, mais on se dit que ce n’est pas gagné…

Désil’ n°3 : l’échec de la BNP

Arrivé légèrement en avance pour leur rendez-vous à la BNP, cinquième banque contactée, nos trois entrepreneurs sont confiants. Leur discours est rodé, solide, limpide, clair, efficace. Leur interlocuteur l’a bien compris, elle a affaire à des gens sérieux, des champions.

-Votre projet est génial. Il n’y a aucune chance pour que nous ne vous accordions pas votre prêt.  Par ailleurs, Monsieur Tedesco, je vous trouve très beau et élégant dans votre costume (true story)

Multiple high five à la sortie, nous nous imaginons déjà en Picsous plongeant dans la piscine de billets mis à disposition par la BNP. 2 semaines plus tard, coup de téléphone et dur rappel à la réalité :

-En fait ça va pas être possible

-Ben pourquoi, on était au-dessus pendant le rendez-vous ?

-Trop jeune, pas d’expérience. Loser.

Flop n°4 : de l’art d’en faire trop

21 Mars 2011, nous avons rendez-vous  à Trappes pour rencontrer le fournisseur de machines pour fabriquer du frozen yogurt.

Manu : « Ouriel, le mec m’a dit que pour les tests il fallait apporter 20L de lait et 15L d’eau »

Ouriel : « Ok parfait je m’en occupe, je prends la valise ».

C’est un Ouriel épuisé et lesté d’une valise fort lourde, qui me rejoint au départ de Cluny la Sorbonne. Après 3 changements de RER, nous arrivons dans une sombre zone industrielle. Nous ne sommes pas encore arrivés : toutes les 5 min nous nous relayons pour tirer la valise, véritable boulet de plusieurs tonnes que nous trainons dans les rues, et qui nous rappelle douloureusement qu’à 23 ans nous n’avons pas notre permis. Nous regrettons à ce moment amèrement d’avoir profité de la générosité de nos amis et de nous être laisser conduire pendant tout ce temps. Arrivé à destination, le commercial qui nous reçoit s’interroge :

« Mais que faites-vous avec ce large bagage ?

-Ben c’est le lait et l’eau pour les tests.

-Mais c’est ridicule il y a tout ici. Il n’y avait rien besoin de ramener. »

Ouriel se jette sur moi pour m’étrangler et tente un ipponseoinage (fameuse prise de judo japonaise) sans succès.

Notre première fois à Rungis by Ouriel

26 mai

Aller à Rungis pour la première fois c’est comme toutes les premières fois. On est nerveux, tendu, impatient, on trépigne ! Comme toutes les premières fois, on en gardera un souvenir impérissable. Laissez-moi vous raconter l’histoire de How me met Rungis.

5h34 : Rendez-vous à Jussieu pour partir en voiture.

5h55 : Nous nous apercevons que nous n’avons ni permis ni voiture.

6h10 : Nous nous décidons à prendre le RER.

Manu : «  Tu crois qu’on est prêt ? Tu crois que ça va bien se passer ? »

Ouriel : « T’inquiète pas. J’ai demandé à un pote, il m’a dit qu’il n’y avait qu’une seule règle : être détendu et profiter de l’instant présent »

7h08 : Nous arrivons à Rungis, et là le miracle s’accomplit. Nous découvrons une ville entièrement dédiée au commerce, premier marché de produit frais au monde, dont la superficie dépasse celle de la principauté de Monaco et ou les entrepôts s’étendent à perte de vue, tandis que livreurs, vendeurs et chauffeurs s’affairent dans un flot ininterrompu.

Sonia, commerciale chez un grand fournisseur de fruits, nous accueille à l’entrée : « Vous avez l’air tendus là, suivez-moi et tout ira bien. »

7h34 : Nos pas nous mènent vers le pavillon des fruits et légumes. Nous nous laissons envahir par un tourbillon d’odeurs et de couleurs. Les framboises, les fraises, les cerises, les melons tout à l’air incroyablement bon. Même les choux de Bruxelles. Manu tombe en admiration devant une cagette de persil.

8h07 : Sonia nous présente les locaux de son entreprise, leader du segment fruits et légumes à Rungis. A notre arrivée, quelques collègues de Sonia viennent la saluer. Et là nous assistons à une scène digne d’OSS 117.

Sonia : « Bonjour Mayol bonjour Castaing. Toujours pas de nouvelle de Picot ?

-Ma foi non, pas depuis la dispute avec Roussel

-Et Le Front ?

-Il a parlé avec Mongier mais bon…

-Et Borge il en dit quoi ?

-Borge Borge Borge, qu’est ce que tu veux qu’il dise. Il dit comme Favre et Duvernois d’ailleurs

-Tiens tu passeras le bonjour à Granville

-Sans faute

-Tiens à ce propos, t’as le bonjour de Comolet

- Ce vieux Bernard ! La dernière fois qu’on s’est vus, c’était avec Charpon, Leboisset, Delabouze et Delanoix Je crois même qu’il y avait Franquart c’est pour te dire »

8h38 : Sonia nous présente Marco, personnage central dans l’industrie du fruit. Il est responsable qualité, c’est-à-dire qu’il vérifie la couleur, la taille, le taux en sucre et en acidité de chaque livraison. « Le patron il compte sur moi. C’est moi qui décide si on accepte ou pas les livraisons. J’ai droit de vie et de mort sur les fruits si j’ose dire. D’ailleurs c’est marrant que je dise ça parce que depuis 23 ans que je fais ce métier je me suis rendu compte d’une chose : Un fruit ça vit, ça parle, ça interpelle. Croyez-moi ! J’ai une relation intime avec mes fruits ».

9h42 : Après une longue explication sur le cycle de vie du fruit, Marco nous laisse enfin partir Sonia tente de nous retenir : « C’est ridicule il y a tout ici » et nous convainc d’aller visiter le Paradis anti-casher : le Pavillon de la charcuterie.

10h30 : C’est l’heure de rentrer. Comme toutes les premières fois c’était magique, mais trop court.

En route pour Marseille by Manu

22 mai

« Coincés entre la gare et le Vieux Port, on n’est pas les plus à plaindre».

Partant de ce constat de Bouga dans son excellent titre Belsunce Breakdown, bande originale de l’éternel Comme un aimant d’Akhenathon, nous avons choisi d’élire domicile à Marseille et d’ouvrir un second magasin rue de la République, à quelques blocs du vieux port.

Mais pourquoi Marseille ? Pour répondre à cette interrogation légitime de votre part, retraçons le débat (en marseillais avé quelques sous-titres en français) qui a conduit à ce choix, finalement assez logique, de nous implanter dans la cité phocéenne, première ville du Sud de la France, premier port européen et  future capitale de la culture :

Ouriel : « Fatcheudeu (flute), Manu, hier je me suis fait pointer (je me suis fait recaler) du Central Bar. J’étais remonté comme un bambou (j’étais très en colère). En plus il y avait des radasses (des filles aux mœurs légères) en pagaille (en grande quantité) et boudiou elles étaient tanquées (elles avaient une silhouette plaisante). J’ai la scoumoune en ce moment (je n’ai vraiment pas de chance). »

Cette séquence, je vous l’accorde, n’a qu’un intérêt informatif limité mais est une introduction intéressante au dialecte local.

Ouriel poursuit «Et puis je suis rentré chez moi et là, Eurêka, je me suis dit, mais boudiou (mon dieu), le Frozen Yogurt c’est froid. Et chez nous, à Marseille, avé le temps qu’on a, ça marcherait toute l’année. Pourquoi on n’ouvrirait pas là-bas ? »

-Manu : tu es calu ou quoi (tu n’as plus tout ton esprit non ?). C’est à dache (c’est loin). On court à la grosse catastrophe (c’est la banqueroute assuré)

-Mais on craint degun là-bas (on a peur de personne là-bas), on n’a pas de concurrent

-Hé bé, je continue à croire que tu es un fada (un fou). Comment tu veux calculer (trouver) un bon emplacement,  t’y es pas un marseillais 45° (un marseillais à 100%) que je sache et tu ne connais pas la ville. Là-bas on va nous prendre pour des bras-cassés (des touristes). En plus les marseillais ils ont des oursins dans la poche non ? (n’ont-ils pas un peu moins de pouvoir d’achat que leur cousin parisien ?)

-Oh bonne mère, t’y es un pénible (tu es relou). Si on se met près du vieux port, on va avoir des clients en pagaille (en grande quantité) entre les touristes et les cagoles (un certain type de fille du Sud).»

Pourquoi la rue de la république ? Comme le dit Dove dans La Vérité si je Mens, il faut laisser sa chance au produit. Eh bien nous, nous avons choisi de laisser sa chance à la rue. En l’occurrence la rue de la République, symbole d’une ville en reconstruction, une sorte de phœnix phocéen qui renaquit de ses cendres il y a quelques années, à l’image de son club de football, enfin champion de France l’année passée après des années de disette. C’est une rue qui monte, c’est la nouvelle grande artère commerçante de la ville qui abrite de nombreuses enseignes de mode et le premier Starbucks Caffé de Marseille : elle est amenée à devenir, selon les propres mots du maire, M Gaudin, « les Champs-Elysées de Marseille ».

En conclusion, le Frozen Yogurt débarque à Marseille au30 rue de la république. Be ready!

Obtenir un prêt: check (by Manu)

10 mai

Tout d’abord nous aimerions nous excuser pour ce petit intermède durant lequel nous ne vous avons pas donné de nouvelle. Ce silence s’explique par la difficulté que nous avons eue à trouver des espèces sonnantes et trébuchantes en ces temps de crise et donc à écrire cet article concernant les banques. Mais we are back in the game now (what up!!).

Laissez-nous donc vous raconter l’histoire de comment les banquiers nous ont dit merci.

Munis d’une prez très sexy en guise de BP, gonflés à bloc, remontés comme des pendules, tirés à quatre épingles  (ok j’arrête), nous sommes donc allés voir les banques pour leur demander de nous prêter un peu d’argent (selon Ouriel, « la vérité rien du tout, une broutille ») en commençant par le Crédit du Nord, banque historique de la Hodara connection.

On avait beaucoup travaillé le discours et on avait notamment envisagé deux accroches à l’américaine pour engager la conversation :

Dans le premier scénario on commençait en chantant \”All I need is dollar, dollar, dollar’s what I need\”, célèbre chanson d’Aloe Bacc et musique du générique de l’excellente série How to make it in America, qui raconte la vie trépidante de deux jeunes new yorkais qui essayent de réaliser leur rêve américain à NYC.  Je m’égare…

Dans le second, Ouriel commençait par « un hey buddy what’s up » accompagné d’un hug au banquier.

En fait on s’est rapidement rendu compte que le banquier du crédit du nord, quoique fort sympathique, n’avait pas grand-chose à voir avec le banker à la American Psycho auquel on s’attendait, et qu’une approche plus conventionnelle avait donc plus de chance de marcher.

Au début, très confiants, nous ne comptions voir qu’une seule banque, persuadés qu’ils allaient nous supplier d’accepter leur argent.  Moins sereins à l’issue de ce premier entretien,  nous avons commencé un véritable tour de France des banques…Avec un discours de plus en plus rodé.

La grande claque est venue quand la BNP, première banque de France et première à nous avoir répondu et qui fonde toute sa communication sur le « parlons vrai » et le soutien aux entrepreneurs,  nous a dit non. Pourtant dans la pub, la conseillère Aurélie a l’air hyper sympa, et on s’était dit que ça aurait été cool de bosser avec elle. Mais Aurélie nous a dit qu’on n’avait pas assez d’expérience… Bref gros flip, gros bad, gros coup de stress, grosse désil’, gros échec…

Heureusement quelques semaines plus tard, guess what, toutes les banques se battent tous pour nous avoir. Nailed it! Nous avons finalement choisi comme Karim Benzema le LCL, la banque qui dit oui !

2 gars 1 fille by Anne So

11 avr

Qu’on se le dise si je fais partie de cette frozen aventure, ce n’est ni pour mon brevet de plongée en piscine ni pour ma capacité à manger six cheeseburgers du Macdo d’affilée sans être malade …. Mais bien parce que je suis une fille … Et oui, pour mener à bien ce projet, il fallait deux HEC et une petite dose d’intuition féminine. Pourquoi une fille dans le projet ? Parce que c’est bien connu les hommes ne comprennent pas ce que veulent les femmes ! Se mettre dans la peau de la clientèle féminine cible, définir une ambiance de magasin qui ne ressemble pas à une garçonnière avec un baby-foot et des coussins roses (idée reçue n° 1 : les filles adorent le rose !), ce n’était pas forcément évident pour manu et ouriel quand tu sais que c’est encore leur maman qui leur achète leurs vêtements ! Un avis féminin, voilà ce qu’il leur fallait ! Il faut tout de même dire que cela n’est pas déplaisant de travailler avec de vrais « mâles » : Un rugbyman alias Manu et un BN man (oui, Ouriel a tourné une pub pour BN quand il était petit) pour moi toute seule, qui peut rêver d’une meilleure ambiance de travail? Discrimination positive soit, mais il a quand même fallu que je me fasse ma place au milieu de ces deux inséparables. Et puis de fil en aiguille, les réunions de travail ont pris des allures de 8 mars (journée de la femme pour ceux qui l’oublieraient), et ma place dans ce groupe était faite ! Et j’espère qu’un jour on dira de nous qu’ils vécurent heureux et vendirent beaucoup de frozen yogurts !

Anne So

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